Remaucourt

Les habitants de Remaucourt, petit village de 372 âmes, n’ont pas attendu la loi sur la parité pour élire une des leurs. Anne Cardon y est élue depuis 1971, en qualité de conseillère municipale d’abord, puis d’adjointe au maire six ans plus tard, avant d’en devenir le premier magistrat, depuis 1983.

Enfoui au fond de la vallée de la Somme, à quatre kilomètres en aval de sa source et de la rigole du Noirieu, à une altitude de 81 mètres et seulement sept kilomètres de la capitale de Haute-Picardie, REMAUCOURT, semble couler des jours heureux à l’abri des tracas et bruits de la ville. Seul le passage de la voie ferrée Paris-Bruxelles, trouble la quiétude de ce havre de paix. L’exposition plein Sud et la déclivité de cette rive de la Somme, permit autrefois d’y cultiver la vigne. Certains affirment que les vignerons Remaucourtois bénéficiaient d’une solide réputation.

Pour administrer sa commune installée sur un territoire de 616 hectares et comptant deux hameaux, Bellecour au Nord et le Thilloy au Sud, Anne Cardon est aidée par trois adjoints et sept conseillers. Parsemée sur quelque cinq cents hectares de terres agricoles, une quantité d’arbres contribuent au charme verdoyant.

La mairie est installée dans l’ancienne école, fermée depuis 1995. « Pour se battre, on peut dire qu’on s’est battu pour elle », déclarent d’une même voix, Anne CARDON et Pierre PROIX, secrétaire de mairie depuis plus de trente ans, ancien directeur de l’école. Les enfants de REMAUCOURT sont scolarisés à LESDINS.

Ce village, sans histoire, compte pourtant une riche histoire. Ses traces les plus anciennes remontent à l’époque… Romaine. Il se serait alors appelé RAMORUM CURTIS.

Ce qui laisse penser que les noms de LESDINS et du THILLOY ont été empruntés à deux villages, proches de la capitale de la Bêtise. Situé sur la route d’invasion qui reliait SAINT-QUENTIN au CATEAU, le territoire communal de REMAUCOURT dénombra la mort de plus de mille cinq cents soldats Français et Allemands pendant la Grande guerre. Bombardé par la Luftwaffe en 1940, il fut incendié quatre ans plus tard par l’aviation d’assaut américaine.

La vie associative est très présente. L’association REMAUCOURT Loisirs organise de nombreuses animations : brocante, fête de la Saint-Jean…. Et plus rare, sans doute lié au passé viticole de la commune, un cercle d’oenologie rassemble les admirateurs de Bacchus. Les plus jeunes disposent d’un terrain d’évolution.

L’église Saint-Géry, du nom d’un évêque de Cambrai mort à 39 ans en 594, qui accueille un office religieux par mois, est devenue le centre culturel des Remaucourtois. Concerts et conférences y sont organisés.

REMAUCOURT adhéra au DISTRICT en 1964. < Sans lui on n'aurait rien pu faire. En 917, il est devenu une dépendance de la paroisse de THORIGNY, régie par les chanoines de CAMBRAI. L'intercommunalité est indispensable > affirme Anne CARDON avant de rappeler qu’entre autres, la Communauté d’Agglomération assure l’entretien des chemins de randonnées. Puis conclut : « C’est un village où il fait bon vivre. La preuve, les prix de l’immobilier flambent. C’est vendu avant d’être à vendre ».